Le Tophet de Carthage, aussi appelé Tophet de Salammbô, est une ancienne aire sacrée, un site particulier qui remplissait une bien funeste fonction à l’époque de la civilisation punique ; ce lieu de culte à ciel ouvert servait aux rites sacrificiels en l’honneur des deux  divinités phéniciennes Tanit et Bâal Hammon,  et situé dans le cartier carthaginois de Salammbô en Tunisie, à proximité des ports puniques. Ce Tophet est un enclos sacrés dans lequel, les puniques procédaient à des sacrifices en l’honneur des divinités protectrices de Carthage, «  hybride de sanctuaire et de nécropole », regroupe un grand nombre de tombes d’enfant qui selon les interprétations, aurait été sacrifiés ou inhumés en ce lieu après leur mort prématurée. Le périmètre est rattaché au site archéologique   de Carthage classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le site, qui servait aussi de nécropole, inclut ainsi de nombreuses tombes d’enfants. Des doutes subsistent cependant sur la véracité de ces pratiques car les seules traces écrites sont issues de camps opposés à Carthage, et l’on soupçonne à ces sources de volontairement noircir le tableau au sujet de leur ennemi.

Longtemps a prévalu l’idée, aujourd’hui contestée par certain spécialistes que les sacrifiés étaient des enfants immolés en acte de rachat ou de grâce. Le site a effectivement livré dans ses strates les plus profondes, les plus anciennes, des urnes contenant des cendres d’enfants. Dans les couches supérieures de ce « Funérarium », les récipients (urnes ou mini-sarcophages en pierre) contiennent des ossements d’animaux

La question du sort de ces enfants est fortement liée à la religion phénicienne et punique mais surtout à la manière dont les rites religieux et au-delà la civilisation phénicienne et punique ont été perçues par les juifs dans le cas des Phéniciens ou par les Romains à l’occasion des conflits qui le opposèrent aux Puniques.

En effet, le terme de « TOPHET » désigne originellement un lieu proche de JERUSLEM synonyme de l’Enfer ; ce nom provenant de sources bibliques induit une interprétation macabre des rites supposés y avoir lieu et corrobore un postulat partagé par les interlocuteurs ayant livrés des sources sur les Phéniciens en générale et sur les Puniques en particulier ; La religion à Carthage était INFERNALE.

Plus récemment, l’imaginaire collectif a été alimenté par le romain de Gustave FLOBERT, Salammbô (1862), qui donna son nom au quartier où  fut découvert le sanctuaire. La bande-dessinée Le Spectre de Carthage, partie des aventures d’Alix écrites par Jacques MARTIN reprend cette interprétation

La difficulté majeure pour déterminer la cause des inhumations réside dans le faite que les seules sources écrites rapportant le rite du sacrifice des enfants sont toutes étrangères à la cité de Carthage. Les sources archéologiques Stèles et Cippes sont quant à elles sujettes à de multiples interprétations. Le débat a donc été longtemps vif et n’est pas encore totalement tranché entre les divers historiens qui ce sont penchés sur le sujet. La plus grande prudence s’impose donc, l’historien de l’Antiquité se trouvant face à des sources écrites et archéologiques sinon divergentes, du moins soumise à interprétations.

Le site se compose d’un tunnel abritant les offrandes encore enfouies dans le sol, d’un jardin où sont exposés Cippe et Stèles en grès ou en calcaire qui surmontaient ces offrandes, ainsi que d’un autel ou été censé se dérouler le rituel du sacrifice.


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