Sbeïtla, anciennement connue sous le nom de Sufetula, est une ville du centre-ouest de la Tunisie, située dans le gouvernorat de Kasserine. Le site archéologique de Sbeïtla est connu parmi les sites archéologiques les mieux conservés de la Tunisie. L’histoire de la ville de Sbeïtla est antérieure à l’époque romaine, mais cette histoire est mal connue. Les archéologues ont trouvé quelques stèles de l’époque punique, des dolmens aux environs, des escargotières. Dans la deuxième moitié du Ier siècle, Sufetula est probablement fondée par les romains sous la dynastie des Flaviens. Les armées romaines viennent de pacifier la région en proie aux attaques berbères. De ce fait, des terres sont attribuées aux vétérans pour qu’ils puissent protéger les frontières des incursions étrangères. C’est ainsi que naissent les villes de Sufetula et Cillium, actuelle Kasserine, distantes d’environ 35 kilomètres. Se situant à mi-chemin entre le nord et le sud de la province d’Afrique, la ville de Sbeïtla a connue son apogée surtout dans l’époque romaine. Elle semble avoir mené une vie paisible qui favorisa son essor et sa prospérité. Son développement économique est essentiellement axé sur l’agriculture, et notamment sur la culture de l’olivier pour la production d’huile. Très adapté au climat régional, l’essor de l’oléiculture a assuré la prospérité de la ville dès le IIe siècle après J.C. Sbeïtla sert alors de carrefour routier et de centre commercial et agricole. A cette époque, elle devient municipe sous les flaviens et colonie au IIIe siècle avec une organisation administrative claquée sur le système romain classique. Après l’institution du christianisme comme religion d’état, Sufetula s’est convertie au christianisme comme le reste de l’empire romain. Ensuite la conquête byzantine fit de cette cité une de plus importantes bases militaires de l’époque. Après la conquête arabe, Sbeïtla est prise et ses habitants fuient en grand nombre. Malheureusement, la ville s’éteignit peu à peu et s’est détruite mais pas totalement abandonnée comme l’attestent les fouilles récentes.

Parmi les rares villes romaines anciennes, Sbeïtla possède une célébrité non seulement pour sa localisation stratégique mais aussi pour son rôle politique, économique qu’elle a joué dans l’antiquité. Les témoignages archéologiques relatifs aux différentes périodes historiques vécues par Sufetula sont très nombreux. Ils ont trait à tous les aspects de la vie quotidienne : culture, loisirs, religion, défense…

Le site actuel couvre une vingtaine d’hectares mais la ville antique occupait sans doute une cinquantaine d’hectares. Il n’est pas fouillé en sa totalité mais les édifices remontent à l’époque romaine et byzantine. Faute de textes, il n’est pas possible d’attribuer avec certitudes des monuments à l’époque vandale ou à la première période islamique.

Édifices publics :

  • Le capitole : Élément central de toute cité romaine, le capitole se trouve au cœur de la cité antique. Celui de Sbeïtla offre une spécificité particulière d’être séparé en trois temples formant en réalité un seul ensemble, dédié à la triade capitoline Jupiter, Junon et Minerve constituant le centre religieux de la cité.
  • Le forum : Témoignage de la civilisation romaine, le forum est une place centrale d’environ 34 mètres sur 37 et de forme rectangulaire. Il est délimité par un mur, dallé de plaques de calcaire et entourée sur les trois côtés par des colonnades supportant la toiture des portiques.
  • Les pressoirs d’huile : Sbeïtla est connue, par excellence, par sa production d’huile d’olive. Elle comporte plusieurs huileries qui ont été découvertes dans le site et aux environs. On peut voir une huilerie bien conservée avec les pressoirs, la meule ainsi que les bassins de décantation.
  • Les grands thermes publics : D’une surface assez importante, les thermes sont composés de plus d’une trentaine de pièces de dimensions variables, pavées de mosaïques qui décoraient le sol.
  • Les fortins : Ce sont des enceintes dépourvues de portes et servent comme refuge pour les habitants. Pour assurer le ravitaillement en eau, l’intérieur des fortins comporte un puits.
  • Théâtre et Amphithéâtre : Situé au centre-est de la ville, en 2010, les gradins du théâtre sont restaurés et les colonnes relevées se profilent sur le creux. L’amphithéâtre est situé au nord-ouest du site et dédié à la population défavorisée. Ses secrets n’ont pas encore été dévoilés, il n’est pas intégralement fouillé.
  • Pont-Aqueduc : Situé sur l’oued Sbeïtla, ce pont est ancré dans le rocher et repose sur trois piles centrales. Il a été consolidé et assez largement remanié lors des travaux.

Édifices politiques :

  • Arc d’Antonin le Pieux : La porte d’entrée du forum est datée par une inscription mentionnant l’empereur Antoin le Pieux et ses deux fils adoptifs. Traitée en arc de triomphe, cette porte est intégrée à un mur de clôture.
  • Arc de Dioclétien : Cet arc représente le monument de Sbeïtla le plus admiré. Il est surmonté d’une inscription très effacée dédiée à l’empereur Dioclétien qui a instauré un système de gouvernement exercé à quatre.

Édifices religieux :

  • Basilique de Bellator : Cette basilique fait partie d’un groupe épiscopal servant de centre religieux à la communauté chrétienne. Construite sur un édifice païen antérieur, elle a été la cathédrale catholique de Sufetula.
  • Chapelle de Jucundus : Probablement à l’honneur de l’évêque Jucundus, chef du clergé catholique et primitivement baptistère d’une basilique, cette chapelle est de forme rectangulaire, pourvue de portes sur les trois côtés et d’une absidiole sur le quatrième.
  • Basilique de Vitalis : Cette basilique est construit par suite du besoin d’un espace plus vaste pour la communauté catholique. Elle forme avec la basilique de Bellator une « église double » dont d’autres exemples existent en Afrique et en Europe occidentale.
  • Basilique des saints Sylvain et Fortunat : Cette basilique est située à 600 mètres au sud-ouest des temples. Elle est dédiée aux martyrs Sylvain et Fortunat et donne un rôle de « martyrium » ainsi qu’un lieu de pèlerinage.
  • Eglise du Servus : Cette église du prêtre Servus est construite dans la cour d’un ancien sanctuaire païen. Elle est dédiée d’après des inscriptions retrouvées sous l’autel aux saints Gervais et Protais ainsi que Tryphon.

 


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