Le Djebel Bargou est une montagne assez imposante qu’on longe lorsque l’on se rend dans le centre de la Tunisie. Elle recèle de coins encore sauvages et pittoresques, qui culmine à 1 266 m d’altitude.

Située au centre-nord du pays, à une vingtaine de kilomètres au sud-est de la ville de Siliana, il donne son nom à la ville située sur son versant septentrional, à quelques kilomètres de son point culminant. Le Jebel Bargou est un site encore sauvage, sa façade Nord est assez sèche, et son versant Sud est couvert d’une forêt dense abritant des sous-bois presque impénétrables.

Au printemps, en empruntant la petite route qui longe le sud du Jebel Bargou, vous serez surpris par toute la verdure qui pare la montagne et les multiples ruisseaux qui courent vers la vallée.

De grands pins, d’innombrables vieux caroubiers aux multiples troncs et de vénérables oliviers centenaires forment la parure du mont à laquelle des reboisements ont ajouté quelques eucalyptus.Les ruisseaux sont bordés, soit de lauriers coloré de rose vif à la fin du printemps, soit de petites parcelles plantées d’une espèce de pêchers typiques du Bargou, dont les fruits tardifs sont délicieux.

Les sous-bois embaumés de thym, de romarin, de myrte, de lentisque, de cistes blancs ou mauves, de genêts dorés et même de bruyère permettent aux abeilles de produire un miel au goût incomparable. Au cours de votre parcours, vous pourrez admirer un épervier au « dessous » clair ou des aigles royaux dont les deux mètres d’envergure vous permettront de les reconnaître facilement. Au-dessus des champs, proches du mont, vous apercevrez sans doute les petits faucons crécerelles roux aux ailes étroites et pointues ou des buses qui sifflent en planant.
Cette rando, qui décrit l’accès au sommet par sa face Est, permet de découvrir le cœur du massif.

Accès
Depuis Tunis, direction El Fahs, puis Siliana (route P4). Au bout de 40 km environ au niveau du marabout de Sidi Saïd, bifurquer sur la gauche sur la route C171. 10 km plus loin, prendre à droite direction Aïn Boussadia. On arrive alors au village d’Aïn Boussadia (belle source s’il vient de pleuvoir), puis au hameau de Bhirine.

Temps du trajet
Environ 2h30 de route depuis Tunis.

Coordonnées géographiques
36° 1’46.33″N
9° 37’2.74″E

Difficulté : Difficile

  • Durée : 6 à 7 heures
  • Dénivelé : 600 mètres
  • Sentier : permanent
  • Technicité : parcours cabossé. Bonnes chaussures recommandées. Au sommet, un vent froid peut souffler : prévoir des vêtements adaptés

Description de la rando
Nous avons accompli cette rando avec un guide natif du village, Tijani (voir info en bas de page).
La randonnée commence en suivant un oued, à travers de petits jardins sous les oliviers et les caroubiers, le long d’une falaise en direction du plateau du Bargou.

Après environ 1h30 d’ascension, nous atteignons le plateau du Djebel Bargou, au niveau des pics de Lella Zella et de son fils (deux pics rocheux sacralisés). Vous pourrez voir derrière les deux pics des marabouts où les gens viennent prier et déposer des bougies.
Le plateau est désertique, on se trouve sur un lapiaz. Ici, l’eau ne ruisselle pas, elle s’infiltre. C’est donc très sec, quelques touffes d’herbes arrivent à pousser dans les anfractuosités du calcaire.

Depuis ce plateau, la vue est quasiment panoramique.
Au sud, nous avons le Djebel Serj. A l’ouest, le village de Bargou (anciennement Rogba). Et à l’Est, Aïn Boussadia, le versant que nous venons de grimper.
Vous rencontrerez certainement les vaches sauvages, que l’on attrape uniquement au lasso ou au fusil !!! Si vous ne les voyez pas, vous les entendrez…

Il est conseillé de s’habiller chaudement lorsque l’on arrive sur le plateau. En effet le vent peut souffler violemment et le plafond nuageux peut être très bas! En hiver, nous y avons trouvé 40 cm de neige fraîche !

Après avoir traversé le plateau vers le Nord, la descente s’impose (déconseillée aux personnes sensibles aux vertiges).

Nous arrivons au pied du Kef El Harmer (rocher rouge). On y trouve une grotte dans laquelle il est possible de pénétrer en rampant sur une vingtaine de mètres. Au fond : une petite salle et quelques concrétions en formation (stalagmites et stalagtites). Plusieurs d’entre elles ont malheureusement été brisées. La grotte ne va pas plus loin.

Plus bas, on observe des vestiges de l’époque romaine en pleine forêt de chênes verts, d’oliviers et de caroubiers.

Nous continuons notre descente par un petit chemin le long duquel il est possible de trouver des fossiles d’oursins, de coquillages, de bulots. Il suffit de bien regarder où l’on marche! Tijani, notre guide est un spécialiste!

Le chemin nous mène enfin au village berbère perché sur un piton rocheux désormais inhabité. Il s’organise autour d’un marabout et d’une mosquée. Il comprenait 7 familles. Les premiers habitants ont quitté le village pour s’installer en 1986 en contrebas, à Bhirine Jdida (= Bhirine Nouveau. De nombreux petits villages de montagne ont subi cet exode vers les plaines). Les derniers l’ont quitté vers la fin des années 1990.

Certains utilisent désormais les habitations pour parquer les animaux.


Liste des randonnées