Le musée de Gabès est un lieu qui renferme une part de la mémoire collective mais il se veut aussi un espace d’animation ouvert à toutes les activités culturelles. Le musée de Gabès occupe les locaux d’un monument historique, en l’occurrence une école d’époque mouradite datant de la fin du XVIIesiècle. Il s’agit d’un véritable complexe qui se compose d’une aile pour l’enseignement religieux, d’une mosquée et d’une résidence pour étudiants. L’ensemble se distingue par l’harmonie de son architecture, sobre et élégante à la fois. Ce local est situé juste à proximité d’un autre monument historique : la zaouia – mausolée du saint patron de la ville, Sidi Boulebaba al-Ansari, venu d’Arabie avec les premières vagues de conquérants musulmans.

Le Musée propose aux visiteurs quelques aspects de la culture traditionnelle du Sud-Est tunisien. Le musée essaye de fixer les rites et les gestes traditionnels et de conserver les expériences d’une réalité en perpétuelle évolution.
Des thèmes illustrent la richesse d’un patrimoine où la femme, gardienne de la tradition, occupe une place de choix.

A la rencontre entre l’art et l’artisanat, le tissage occupait toutes les femmes tunisiennes , d’entre leurs doigts sortaient de magnifiques tapis, couvertures, drapés, robes, châles…, le tout dans des styles et des variétés de couleurs et de décors qui évoquent les particularités régionales. Le musée nous offre la possibilité de suivre les différentes étapes du travail : le lavage de la laine, le cardage, le filage, la teinture et le tissage proprement dit.

Un thème traité par le musée est l’agriculture oasienne. Dès le Ier siècle après J.-C., l’historien latin Pline l’Ancien nous parle de la luxuriance de l’oasis de Gabès, de son système d’irrigation et de l’étagement de ses cultures où les palmiers surplombent un étage d’arbres fruitiers (grenadiers, abricotiers, pêchers…) et un autre de cultures maraîchères, fourragères et céréalières.

Prolongement de l’agriculture, l’alimentation traditionnelle constitue aussi un autre thème illustré par le musée. Les pratiques alimentaires permettent au groupe d’affirmer son identité culturelle par la permanence de ses habitudes culinaires.