C’est plutôt le nombril de la ville de Tunis, le noyau autour duquel s’est développée la ville telle que nous la connaissons aujourd’hui. C’est la grande mosquée Ezzitouna, porte aussi le nom de la Mosquée d’Olivier qui a des allures classico-romaines avec ses arcades et colonnes à chapiteaux pas très mauresque. La plus grande mosquée de Tunis a été construite une première fois en 698, lors de la fondation de la ville par le gouverneur omeyade Obeyd Allah Ibn Al-Habhab, puis reconstruite entièrement entre 856 et 863 par l’Emir Aghlabide Abou Ibrahim et par la suite régulièrement remaniée d’où son architecture présente certaines analogies avec la Mosquée de Kairouan.

Il s’agi bien de la deuxième plus grande mosquée de Tunisie construite en Ifriqiya après la Grande Mosquée de Kairouan.

La légende racontait qu’à l’endroit où se trouve actuellement la mosquée y avait un lieu de prière antique et un olivier. Certaines sources attribuent la fondation de l’édifice au gouverneur de Tunis, mais les faits indiquent que c’est le général Ghassanide Hassan Ibn Noman arrivé avec ses compagnons dans le contexte de la conquête musulmane du Maghreb, qui réaffecte le lieu de prière antique en 698 puis édifia le monument dès 704. Certaines recherches ont confirmé que la mosquée a été construite sur des vestiges d’une basilique chrétienne ce qui a conforté la légende rapportée par Ibn Abi Dinar sur la présence du tombeau de Sainte Olive à l’emplacement de la mosquée.

On disait également, qu’à l’origine il y avait la retraite d’un moine chrétien et juste à proximité y avait un olivier d’où l’appellation du sanctuaire Jemâa El Zitouna. La moquée était considérée comme la première université islamique et la dernière intervention en date du 19ème siècle avec le remodelage de son fameux minaret de 44 mètres de haut, elle a continué à dispenser un enseignement religieux et à rassembler des fidèles pour les cinq prières quotidiennes.

De ce fait, le monument reflète à sa manière l’évolution de l’art de bâtir dans ce pays depuis le haut moyen-âge et même plus encore si on considère les matériaux de remploie antiques intégrés dans l’édifice, tels que les linteaux de marbre sculptés ou la forêt de colonnes et de chapiteaux qui soutiennent le plafond de la salle des prières ou les préaux des galeries extérieures pour la plupart d’époque romaine et byzantine.

Outre la salle hypostyle, dite aussi la salle de prière, à 15 nefs, ne compte pas moins de 184 colonnes et chapiteaux antiques provenant probablement des Ruines de Carthage, la cour et les préaux qui l’entourent donnent accès au monument ce qui constitue le corps centrale de l’édifice. La mosquée à subit de nombreuses transformations au fil du temps. La contribution des Turcs s’est concrétisée par l’adjonction d’une galerie sur trois côtés de la cour, la mosquée a abrité pendant des siècles la prestigieuse université qui porte son nom « Mosquée Ezzitouna » qui a été dotée d’annexes et de dépendances, telle que la Midha pour les ablutions ou la bibliothèque fondée en 1450.

Cette disposition rappelle aussi le plan de la Grande Mosquée de Sousse la ville forte du 9ème siècle, comme nous ne pouvons pas non plus empêcher de penser à certains genres de forteresse tel que : Le Ribat, ce qui permet vraisemblablement de conclure au double caractère religieux de cette Grande Mosquée.


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