L’Amphithéâtre d’El Jem, aussi appelé Colisée de Thysdrus, est amphithéâtre Romain situé dans l’actuelle ville tunisienne d’El Jem, l’antique Thysdrus de la province Romaine d’Afrique.

Il a été construit vers le premier tiers du 3ème siècle, même si sa datation a fait l’objet de débat, il prend la succession de deux édifices du même genre, d’ont l’étude a permis d’analyser la genèse de ces constructions monumentales destinées aux loisirs. Il a probablement abrité des combats de Gladiateur ainsi que des Courses de Chars et autres Jeux de Cirque.

Ce Grand Amphithéâtre, le monument Romain le plus célèbre de la Tunisie, est l’amphithéâtre le plus conservé d’Afrique du Nord. Il a fait l’objet d’un classement au Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 1979. L’Amphithéâtre d’El Jem accueille chaque année environ 530 000 visiteurs.

Selon Jean Claude GOLVIN, l’édifice marque avec quelques autres l’apogée de ce genre de monument, au terme d’une évolution architecturale étalée sur près de quatre siècles. Cependant avec ses trois Amphithéâtre étudiés scientifiquement « paraît unique au monde » selon Hedi SLIM.

Jean Claude GOLVIN le date du 1er siècle après Jésus CHRIST alors qu’il aurait été abandonné dès la fin du même siècle, il semble donc devoir être rapproché des édifices de l’époque républicaine qui utilisaient la configuration du terrain. Le lieu choisi par sa construction, avait abrité des sépultures à l’époque pré-romaine, c’est aussi le seul relief naturel de la zone propice à un édifice. Le bâtiment a en effet été taillé dans une colline de Tuf sans aucune maçonnerie et avec des formes irrégulières. Les gradins en nombre restreint ont été taillés dans la roche et la cavea y a été creusée.

L’édifice de spectacles est le troisième Amphithéâtre construit dans la ville de Thysdrus, une cité enrichie par l’Oléiculture et le Commerce, il en est à la fois le plus abouti et le mieux conservé. La cité est la seule à  posséder un tel nombre de vestiges de ce type, permettant ainsi aux spécialistes d’en appréhender l’évolution.

Dès l’époque byzantine, l’Amphithéâtre est devenu une forteresse et un lieu de refuge, cela était attesté en 647 tout juste après la défaite byzantine de Sbeïtla face aux armées arabes. La transformation s’était opérée en bouchant les arcades du rez-de-chaussée et en aménageant d’autres installations dont une tour qui a été retrouvée lors des fouilles récentes.

Ce monument était parfois appelé Ksar de Kahena « Nom d’une princesse Berbère du 7ème siècle qui avait rassemblé les tribus pour repousser l’avancée de l’envahisseur musulman, vaincue et traquée, elle se réfugiait avec ses partisans dans l’Amphithéâtre et y résistait durant quatre années, selon la légende elle a été trahie par son jeune amant, qui l’aurait poignardé avant d’envoyer sa tête embaumée au chef des armées Arabes ».

La disparition des gradins et des éléments du dernier étage aurait donc été postérieure et progressive, la ruine de ce fameux monument avait entrainé un dépôt considérable de déblais. Malgré cette destruction partielle due à l’utilisation de ses pierres pour la construction de la ville d’EL JEM, le troisième Amphithéâtre était encore remarquablement conservé.

La façade comportait 64 arcades sur trois étages, avec utilisation de l’ordre corinthien au rez-de-chaussée et au troisième niveau, et de l’ordre composite au second, ce qui le différenciait du Colisée dans lequel les ordres se succédaient différemment et contribuaient à démonter la personnalité africaine de l’édifice.

L’Amphithéâtre d’El Jem reste le seul au monde avec la Colisée de Rome, il a possédé une façade intacte à trois niveaux de galeries en dépit de la perte de son attique.

Le dernier niveau a été perdu mais devait s’apparenter à la situation du celui du Colisée avec un élément et des éléments de décors dont des Pilastres.


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